
Le Transhumanisme Démocratique 2.0
James Hughes
Ph.D.
Public Policy
Studies
Williams 229B,
300 Summit St., Hartford, CT 06106
860-297-2376
- james.hughes@trincoll.edu
Une version antérieure, mais
considérablement différente de cet essai a été publiée dans
Transhumanity, 28 avril, 2002
Version originale anglaise
Résumé
La biopolitique est un axe émergent de la politique
moderne au côté de la politique économique et culturelle. Les
transhumanistes sont des personnes qui embrassent les technologies qui
prolongent et améliorent le cycle de vie «naturel», sans se soucier de leur
effet, des limitations ou institutions sociales et représentent l’extrémité
progressiste du nouveau continuum biopolitique. Les bioluddites qui
appellent à l’interdiction des technologies qui menacent le «naturel», sont
l’extrémité conservatrice de la nouvelle biopolitique.
Cependant, la biopolitique ne fait que compliquer le paysage
politique préexistant, elle ne le remplace pas. Il y a des Chrétiens
fondamentalistes, des centristes et des féministes qui forment des alliances
pour s’opposer à au génie génétique humaine et à la nanotechnologie. Alors
que les transhumanistes sont, moins différents, et adhérent surtout à l’une
ou l’autre des idées de la doctrine néolibérale.
Les transhumanistes démocrates, les sociaux-démocrates
pro-technosciences ou les techno-utopistes de gauche sont manifestement
absents de leur niche théorique dans ce nouveau paysage politique. Cet essai
est une tentative pour identifier les transhumanistes démocrates et à
encourager leur union.
Le transhumanisme démocratique provient de l’affirmation que
les êtres humains seront généralement plus heureux quand ils prendront le
contrôle rationnel des forces naturelles et sociales qui contrôlent leurs
vies. La confiance dans la science et la démocratie était plus liée aux 17ième,
18ième et 19ième siècles, et les techno-utopistes
radicaux dominaient son ombre, les luddites romantiques de gauche. Depuis la
deuxième guerre mondiale, cependant, le luddisme a supplanté le
techno-optimisme de gauche, alors que les néolibéraux sont devenus les
champions vocaux de la technologie. Le luddisme a aussi relevé l’ascendance
de la bioéthique occidentale qui a un intérêt professionnel à épouvanter les
nouvelles technologies. Le nouveau Comité en bioéthique du Président des
États-Unis, George W. Bush, et la lutte sur l’utilisation des embryons dans
la recherche montre clairement le rôle important croissant que les
bioéthiciens joueront dans la biopolitique émergente.
J’argumente pourquoi les démocrates devraient embrasser la
science, la technologie et le transhumanisme: (1) le luddisme de gauche
assimile mal à propos les technologies aux relations de pouvoir autour de
ces technologies, la politique de technologie démocratique demande la
reconnaissance des avantages potentiels de la technologie, pas simplement un
effort futile de ralentir toute innovation technologique, (2) la technologie
peut nous aider à surmonter certaines des causes fondamentales des
inégalités de pouvoir, (3) le luddisme de gauche est ennuyeux et déprimant,
il n’a aucune énergie pour inspirer des mouvements pour créer une nouvelle
et meilleure société.
Puis j’argumente que les transhumanistes néolibéraux ont
besoin de s’engager avec la démocratie puisque (1) une intervention de
l’État est nécessaire pour répondre aux menaces catastrophiques des
technologies d’amélioration humaine, (2) seules des politiques étatiques
crédibles et efficaces pour éviter les conséquences catastrophiques des
nouvelles technologies pourront rassurer les publics réticents que celles-ci
ne doivent pas être interdites, (3) les politiques sociales doivent
explicitement répondre aux inquiétudes du public que la biotechnologie
exacerbera l’inégalité sociale, (4) les pratiques monopolistiques et la loi
sur la propriété intellectuelle trop restrictive peuvent sérieusement
retarder le développement des technologies d’amélioration humaine et
restreindre leur accès, (5) seules des alliances avec d’autres minorités
culturelles et biologiques, ainsi qu’une société et un État démocratique
libéraux forts peuvent garantir que les «post-humains» ne sont pas
persécutés, et (6) les transhumanistes néolibéraux sont inconsistants dans
le débat pour le marché libre au motif de son «naturel» élaboré alors que
les transhumanistes sont les champions de l’artificiel.
Enfin, je présente un programme en onze points pour les
transhumanistes démocrates: (1) bâtir le mouvement transhumaniste, (2)
garantir la liberté morphologique et l’autonomie corporelle, (3) défendre la
recherche scientifique contre les interdits luddites, tout en embrassant les
règlements de sécurité et d’efficacité légitimes, (4) protéger l’accès au
savoir scientifique de la loi sur la propriété intellectuelle trop
agressive, (5) développer le financement fédéral pour la recherche des
technologies d’amélioration humaine, (6) créer des projets d’assurance
maladie incluant les technologie d’amélioration humaine, (7) développer le
soutien fédéral à l’éducation (8) fournir des formations d’emploi et un
revenu aux sans emplois, (9) être solidaire des minorités sexuelles,
culturelles et raciales, particulièrement avec les minorités morphologiques
telles que les handicapés et les transsexuels, (10) soutenir les droits des
grands singes, des dauphins et des baleines, (11) renforcer une fédération
démocratique mondiale.
Politique du 21ième
siècle
Les mouvements politiques du monde industriel au 20ième
siècle ont été définis par deux grands axes, politique économique et
politique culturelle. Les conservateurs économiques sont généralement
opposés à l’état d’assistance sociale, aux syndicats, aux impôts, aux
règlements dans les affaires et à la redistribution économique. Les
progressistes économiques sont en général favorables à toutes ces mesures.
Les conservateurs culturels sont généralement nationalistes, chauvinistes
ethniques ou des racistes, conservateurs religieux et opposants à l’égalité
féminine, liberté sexuelle et libertés civiles. Les progressistes culturels
sont laïques, éduqués, cosmopolites, et adeptes des libertés civiles et des
droits des minorités. Se situer le long d’une des ces dimensions prédit bien
sa position sur une variété d’autres problèmes sur cette dimension, mais n’a
pas bien prédit sa position sur d’autres axes. Les problèmes au sein de
chaque axe ont développé une cohérence idéologique qui les unit.
Dans le tableau un ci-dessous, les mouvements et les partis
peuvent être placés dans l’un ou l’autre coin du terrain ou dans les
nombreux points entre eux.
L’émergence des polémiques biotechnologiques, cependant,
élève un nouvel axe, pas totalement orthogonal aux dimensions précédentes
mais certainement distinctes et indépendantes d’elles. Ce nouvel axe
biopolitique a à une extrémité les transhumanistes (les progressistes) et à
l’autre extrémité les bioluddites (les conservateurs). Les transhumanistes
se réjouissent des nouvelles biotechnologies et les choix et défis qu’elles
apportent et pensent que les avantages peuvent dépasser les coûts. En
particulier, ils croient que les êtres humains peuvent et doivent prendre le
contrôle de leur propre destinée biologique, individuellement et
collectivement améliorant nos capacités et étendant la diversité de la vie
intelligente.
Les bioconservateurs, cependant, rejettent les technologies
de choix génétique et les «bébés sur mesure», les prolongements
«contre-nature» de la durée de vie, l’alimentation et les animaux
génétiquement modifiés et autres formes de violations hubristiques de
l’ordre naturel. Alors que les transhumanistes affirment que toutes les
«personnes» intelligentes méritent des droits, qu’ils soient humains ou non,
les bioconservateurs insistent que seule «l’humanité», la possession d’une
ADN humaine et un cœur qui bat, est un marqueur de citoyenneté et de droits.
Le spectre biopolitique est encore émergent, il commence
d’abord parmi les intellectuels et les activistes. Les transhumanistes et
les luddites, sont les plus avancés et les plus conscients d’une vague
émergente de la cristallisation idéologique du public. Nous sommes dans la
même situation dans la cristallisation de la biopolitique, que celle dans
laquelle se trouvait la politique économique droite gauche quand Marx a aidé
à la fondation de l’Association internationale des travailleurs en 1864 ou
quand la Société fabienne a été fondée en Angleterre en 1884: intellectuels
et activistes luttant pour rendre explicites les lignes de combat qui sont
déjà émergentes, avant l’organisation des partis populaires et les masses se
ralliant à leurs bannières.
La nouvelle biopolitique ne remplacera pas les axes
politiques plus anciens, mais elle donnera plutôt une autre dimension à la
complexité de la politique contemporaine. Nous trouverons des alliances
biopolitiques qui traversent toutes nos alliances précédentes et les divers
amalgames de la biopolitique avec le conservatisme économique et culturel.
Cependant, une particularité de la biopolitique actuelle est
qu’alors que les bioconservateurs ont formé des alliances de la droite à la
gauche pour s’opposer au clonage, à la recherche de cellule souche,
l’alimentation génétiquement modifiée, et autres innovations
biotechnologiques, jusqu’à très récemment la majorité des transhumanistes
ont été des néolibéraux. En conséquence, les problèmes d’égalité et de
solidarité reçoivent une attention insuffisante des défendeurs du progrès et
du choix biotechnologique. Cet essai est une tentative pour aborder cet
écart et pour débattre pour un «transhumanisme démocratique». Le
transhumanisme démocratique est plus qu’une permutation disparue des idées
politiques, mais aussi le prolongement naturel des idées du Siècle des
Lumières, et de la tradition démocratique rationaliste et radicale à
laquelle elle a donné naissance.
Transhumanisme démocratique
Le transhumanisme démocratique découle de l’affirmation que
les êtres humains seront généralement plus heureux lorsqu’ils prennent le
contrôle rationnel des forces naturelles et sociales qui contrôlent leurs
vies. Cette affirmation humaniste fondamentale a conduit à deux tendances
entremêlées de valeurs du Siècle des Lumières: la tradition démocratique
avec ses valeurs de la liberté, l’égalité, la solidarité et
l’auto-détermination collective ainsi que la confiance dans la raison et le
progrès scientifique, que les êtres humains peuvent utiliser la raison et la
technologie pour améliorer les conditions de vie.
Dans la tradition démocratique, il y a plusieurs variantes
soulignant les diverses combinaisons et interprétations de la liberté, de
l’égalité et de la solidarité. La Nouvelle Droite représente
l’interprétation la plus minimale du mandat démocratique, et rejette tout
prolongement de liberté, égalité ou politiques sociales solidaires. La
tradition néolibérale cherche à développer la liberté personnelle et
économique, mais à l’exclusion des politiques sociales pour améliorer
l’inégalité ou démocratiser le pouvoir économique.
L'interprétation la plus complète des idéaux démocratiques
de la liberté, l’égalité et la solidarité se trouve dans la tradition
sociale démocrate. Comme
Amartya Sen l’a habilement argumenté la véritable liberté pour les
personnes réelles (par opposition aux hommes libres abstraits de Locke)
nécessite l’accès aux soins, à l’éducation universelle, et la diminution de
l'inégalité sociale. La démocratie sociale poursuit l’égalité économique, le
contrôle démocratique des forces économiques et les politiques sociales
solidaires, ainsi que les libertés civiles et personnelles et les droits des
minorités. La lutte pour l'interprétation la plus radicale de la démocratie,
d’une intensification de la liberté, de l'égalité et de la solidarité, est
exprimée dans la démocratie sociale moderne.
Techno-utopisme et la Gauche
L’autre pression du Siècle des Lumières, la confiance en la
science, la raison et le progrès humain, a été un complément naturel au
niveau philosophique de la tradition démocratique. La science et la
démocratie sont les mains droite et gauche de ce que Marx appelait le
mouvement du royaume de la nécessité au royaume de la liberté. Les progrès
de la science ont aidé à délégitimer l’autorité des rois et le pouvoir de
l’église.
Les socialistes du 19ième siècle, les féministes
et les démocrates étaient par conséquent aussi généralement les champions de
la raison et de la science. Le techno-utopisme, l’athéisme et le
rationalisme scientifique ont été associés à la gauche démocratique,
révolutionnaire et utopique pendant la plupart des ces derniers deux cents
ans.
Les radicaux tels que Joseph Priestley ont poursuivi
l’enquête scientifique tout en défendant la démocratie et la liberté de la
tyrannie religieuse. Robert Owens, Fourier et Saint Simon au début du
dix-neuvième siècle ont inspiré les communalistes avec leurs visions d’une
future évolution scientifique et technologique de l’humanité, utilisant la
raison comme sa religion. La communauté Oneida, le groupe «communiste» le
plus ancien du 19ième siècle en Amérique a pratiqué une tentative
d’amélioration des traits héréditaires des membres à travers la reproduction
sélective. Les radicaux ont saisi l’évolution darwinienne pour valider
l’idée de progrès social. L’utopie socialiste de Bellamy de Looking
Backward: 2000-1887 qui a inspiré des centaines de clubs socialistes à
la fin du 19ième siècle aux États-Unis et un parti politique
national était aussi hautement pro-technologie que l’imagination de Bellamy.
Pour Bellamy et les socialistes Fabiens, le socialisme devait être amené
comme corollaire inoffensif du développement industriel. Marx et Engels ont
vu plus de douleur et de conflit impliqués, mais étaient d’accord sur les
aboutissements inévitables. Les Marxistes argumentent que le progrès de la
technologie prépare le terrain non seulement pour la création d’une société
nouvelle avec des relations de propriété différentes, mais aussi pour
l’émergence de nouveaux être humains reconnectés à la nature et à eux-mêmes.
Le haut du programme pour les prolétariens ayant les pleins pouvoirs était
"d’augmenter le total des forces productives aussi rapidement que possible".
La gauche du 19ième et du 20ième siècle des
sociaux-démocrates aux communistes était concentrée sur l’industrialisation,
le développement économique et la promotion de la science, la raison et
l’idée de progrès.
La séparation de la technologie
et la Gauche
Alors pourquoi ces deux tendances de pensées se sont
séparées à la fin du 20ième siècle? Pourquoi il y a-t-il autant
de sociaux-démocrates contemporains, féministes et Verts méfiants et
hostiles aux biotechnologies, ordinateurs et la science en général? La
réponse commence probablement avec la tradition gauche romantique qui s’est
développée en réaction à la technologie moderne.
Les visions pastoralistes de William
Morris d’un socialisme désindustrialisé, l’anéantissement luddite des
machines par le mouvement proto-travailleur, et l’absorption dans la
pseudoscience, le spiritualisme et le communalisme prônant un «retour à la
terre» par les radicaux bohémiens, étaient toutes des réactions au
capitalisme.
Les romantiques et les luddites ont associé la technologie
au capitalisme, et pensaient qu’ils pouvaient créer une société plus saine
et plus égalitaire, seulement en combattant les nouvelles technologies. En
fait, dans le Manifeste Communiste, Marx et Engels mettent en garde contre
le clergé, les aristocrates et les socialistes petit-bourgeois qui
promeuvent le pastoralisme et la production préindustrielle comme le remède
à tous les maux sociaux.
Toutefois, ce n’est qu’à partir de la deuxième guerre
mondiale que l’association généralement étroite de la gauche avec la
science, la technologie et la raison a commencé à être remplacée par la
tradition romantique. L’intérêt de la gauche dans la réingénierie de la
nature de l’Homme a été étouffé par les programmes eugénistes des Nazis. Les
chambres à gaz ont révélé que la technologie moderne pouvait être utilisée
par un État moderne pour des utilisations terrifiantes, et la bombe atomique
a constitué une menace technologique permanente sur l’existence de
l'humanité.
La contre-culture a attaqué le positivisme et a glorifié les
manières de vivre préindustrielles. Pendant que les progressistes et les New
Dealers ont construit l’État- Providence comme un outil de raison et de
justice sociale, la Nouvelle Gauche a rejoint les conservateurs culturels et
les néolibéraux du marché libre en l’attaquant comme étant un outil
abrutissant d’oppression, contribuant au déclin général de la foi dans les
gouvernements démocratiques.
Les tendances intellectuelles telles que le postmodernisme
ont commencé à émettre des doutes sur les «récits maîtres» du progrès
politique et scientifique, alors que le relativisme culturel a érodé la
confiance des progressistes que les démocraties industrialisées libérales
laïques étaient en fait supérieure aux sociétés préindustrielles et des pays
en développement. Comme la gauche abandonnait l’idée d’une vision
ultra-branchée d’un futur radicalement démocratique, les néolibéraux
étaient maintenant associés au progrès technologique. Le techno-optimisme de
gauche a été remplacé par les soupçons luddites envahissant sur les produits
de la culture de surconsommation. General Electric et IBM ont célébré la
technologie dans les publicités à la télévision pour étouffer leur
complicité dans l’attaque au napalm de bébés vietnamiens. Les activistes
combattent le «Système».
Bioéthique, technologie et
valeurs démocratiques
Pendant cette période, les philosophes et les théologiens
ont commencé à s’adresser à des problèmes éthiques naissants en médecine et
recherche biologique donnant naissance au domaine de la bioéthique. Bien que
la plupart des premiers participants dans ce domaine étaient motivés par la
théologie, le domaine a rapidement adopté des valeurs et principes
démocratiques libéraux laïques comme leur lieu de départ consensuel
fondamental.
Beauchamp et Childress ont particulièrement argumenté pour
les maintenant généralement populaires principes bioéthiques fondamentaux
d’autonomie, de justice et de bienfaisance qui sont des corollaires directs
de la liberté, l’égalité et la solidarité.
Dans les années 70, pour s’opposer à l'hystérie envahissante
sur la fécondation in vitro et le génie génétique, et les
avertissements théologiques contre ‘jouer à Dieu’, il y a eu quelques voix
humanistes laïques telles que John Fletcher qui ont argumenté que les
humains ont le droit de contrôler leur propre génétique. Mais l’attention de
la plupart des bioéthiciens s’est concentrée sur la protection des patients
de la recherche scientifique peu éthique et sur les applications trop
agressives des soins de fin de vie, en protégeant le public de la science et
de la technologie plutôt qu’en protégeant leurs droits.
Alors que la bioéthique mûrissait, il apparut clairement que
les bioéthiciens professionnels gagnaient bien plus de traction en
exacerbant les anxiétés luddite du public qu’en les apaisant. Si le clonage
n’est vraiment que la création retardée de jumeaux, et non une menace
profonde de tout ce qui nous tient à cœur, qui va financer les conférences
bioéthiques pour l’aborder et autoriser les bioéthiciens à empêcher la
recherche scientifique au clonage?
Aujourd’hui, la plupart des bioéthiques informées et
contribuant à l’orientation luddite grandissante des arts à tendance de
gauche et des facultés de sciences humaines, commence avec l’hypothèse que
les nouvelles biotechnologies sont développées de manière peu éthique par un
complexe médico-industriel rapace, et qu’elles auront une myriade de
conséquences désagréables pour la société, en particulier pour les femmes et
les impuissants. Plutôt que de mettre en valeur la liberté et l’autonomie
des individus qui pourraient vouloir adopter les nouvelles technologies ou
d’argumenter pour un accès équitable croissant aux nouvelles
biotechnologies, faisant balancer l’attention de la technologie du «droit
de» avec l’attention de la technologie du «droit à», la plupart des
bioéthiciens le voit comme leur responsabilité de ralentir l’adoption de la
biotechnologie.
La bioéthique est de la proto-biopolitique. Comme le débat
public et les idéologies biopolitiques cristallisent et polarisent, les
bioéthiques seront de plus en plus révélés comme activistes partisans plutôt
que des experts appliquant des principes éthiques universellement acceptes.
En fait, le masque a déjà sérieusement glissé. Alors que le Comité en
bioéthique du Président des États Unis, Bill Clinton, était largement
représentatif de la bioéthique académique, le projet politique du Comité en
bioéthique du Président George W. Bush est assez transparent. Bush a choisi
Leon Kass comme Grand Vizir de ce comité, un homme qui est opposé à toute
intervention dans la reproduction humaine, de la fécondation in vitro,
au clonage reproductif, culminant la montée du luddisme dans la bioéthique
Kass, à son tour, a rempli le comité à la fois de bioéthiciens
conservateurs, tels que Mary Ann Glendon et Gilbert Meilander, et de
conservateurs avec peu ou pas de connexion à la bioéthique académique, tels
que Francis Fukuyama et Charles Krauthammer. La campagne actuelle de
l’administration Bush et du comité de Kass est de criminaliser l’utilisation
d’embryons et le clonage d’embryon dans la recherche.
Bien que le pivot de l’opposition sur la recherche en
cellules souches utilisant la recherche sur des embryons vienne du mouvement
du droit à la vie, la droite chrétienne a été rejointe par les bioluddites
de gauche. Jeremy Rifkin, longtemps une mouche du coche organisant des
coalitions gauche-droite pour s’opposer au brevetage de gène, au clonage et
à la maternité de substitution, a distribué une pétition en mars qui a été
signée par plus de cent bioéthiques en vue et d’activistes progressistes
implicitement approuvant la législation Brownback soutenue par les
Républicains au Congrès qui criminalise le recherche médicale utilisant les
embryons.
Heureusement, la coalition en soutien à la recherche du
clonage d’embryon a contacté de nombreux signataires et a découvert qu’ils
n’avaient aucune idée qu’ils avaient adhérée à la criminalisation de la
recherche médicale. Maintenant, des pétitions pro- et anti-clonage d’embryon
pour les progressistes et les conservateurs ont proliféré, faisant
comprendre que la biopolitique est orthogonale au paysage politique
préexistant et que la bioéthique est de plus en plus un exercice politique
et non simplement académique.
Pourquoi les démocrates
devraient embrasser le transhumanisme
Le luddisme est une impasse politique pour la politique
progressiste. Les progressistes doivent faire renaître la tradition
techno-progressiste s’ils veulent atteindre leur but de favoriser la
liberté, l’égalité et la solidarité.
Tout d’abord, le luddisme de gauche fait l’erreur
d’assimiler les technologies aux relations de pouvoir autour de ces
technologies. Les technologies ne déterminent pas les relations de pouvoir,
elles créent seulement de nouveaux terrains pour l’organisation et la lutte.
La plupart des nouvelles technologies ouvrent de nouvelles possibilités une
liberté et une égalité accrues, tout comme elles établissent de nouvelles
occasions pour l’oppression et l’exploitation. Puisque les nouvelles
technologies ne seront très probablement pas arrêtées, les démocrates
doivent se les approprier, d’articuler des politiques publiques qui
maximisent les avantages sociaux issues de ces technologies, et de trouver
des usages libérateurs à ces technologies. Si la biotechnologie doit être
rejetée simplement parce que c’est un produit du capitalisme, adoptée dans
une société de classe, alors toute technologie doit être rejetée. La mission
de la gauche est de soutenir le contrôle démocratique et les priorités sur
le développement et la réalisation de la technologie. Mais l’établissement
d’un contrôle démocratique sur l’innovation technologique n’est pas la même
chose que le luddisme. En fait, dans la mesure où les défenseurs du contrôle
démocratique de la technologie ne garantissent pas les avantages de la
technologie, et tentent de complètement supprimer la technologie, ils
perdront le soutien du public.
Deuxièmement, la technologie peut nous aider à transcender certaines des
causes fondamentales des inégalités de pouvoir. Même si on ne pourra jamais
éliminer les inégalités d'intelligence et de connaissance, le jour n'est pas
si loin où chaque humain peut être garanti l'intelligence suffisante pour
fonctionner comme un citoyen actif. Une des demandes progressistes les plus
importantes sera de garantir l'accès universel aux technologies de choix
génétique permettant aux parents de s'assurer que leurs enfants aient des
capacités biologiques égales à ceux des autres. Les naissances assistées
technologiquement, ce qui inclut éventuellement les grossesses artificielles,
libéreront les femmes de la nécessité d'être les porteuses nécessaires et
vulnérables de la prochaine génération. La liberté morphologique, l'habilité
de changer son corps (y compris nos habilités, poids, sexe et
caractéristiques raciales) réduira les oppressions basées sur le corps
(handicap, grosseur, sexe et race) aux préjugés esthétiques."
Troisièmement, le luddisme de gauche est ennuyeux et
déprimant, il n’a aucune énergie pour inspirer les mouvements à créer une
société nouvelle et meilleure. La gauche a été bâtie par des personnes
inspirées par des visions millénaires, et non par des personnes qui voyaient
un futur sans espoir de protestation existentielle futile. La plupart des
gens ne veulent pas vivre dans un futur sans télécommunications, appareils
ménagers, voyages par avion et médecine. La Prochaine Gauche a besoin de
redécouvrir son imagination utopiste si elle est pour se renouveler, de se
reconnecter à l’imagination populaire et demeurer actuel. La prochaine
gauche a besoin de projets visionnaires dignes d’un monde en transition mais
unifié, tels que la garantie de la santé et de la longévité pour tous, et la
colonisation du système solaire.
Pourquoi les transhumanistes
devraient embrasser les valeurs démocratiques
Quelles raisons pouvons-nous mobiliser pour convaincre les
transhumanistes généralement néolibéraux d’embrasser l’égalitarisme, la
règle de la majorité et l’État-Providence. Le meilleur argument serait une
preuve que la démocratie sociale maximise l’assurance sociale mieux que le
marché libre chimérique. Mais c’est aussi l’argument le plus difficile, car
il retient les états actuels existant contre les marchés parfaits encore
passés inaperçus. Bien sûr, la gauche démocratique n’est pas non plus
immunisée à ce style d’argument, mesurant les capitalismes actuels existant
avec les socialismes démocratiques idéalisés. Malheureusement, quand les
deux côtés se restreignent à des comparaisons empiriques des états et des
politiques sociales il y a trop de circonstances atténuantes pour arriver à
trop de conclusions autres que l’élimination complète des marchés ou des
états ne fonctionne en général pas bien. Les convictions politiques sont
dans une large mesure une affaire de foi.
Que penser des controverses au
sein de la vision du monde transhumaniste?
Tout d’abord, une intervention de l’État est nécessaire pour
répondre aux menaces catastrophiques des technologies émergentes. La plupart
des transhumanistes reconnaissent que la nanotechnologie, le génie génétique
et l’intelligence artificielle pourraient provoquer des catastrophes si
elles étaient utilisées à des fins terroristes ou militaires ou bien si
elles étaient autorisées à se reproduire dans la nature. La contemplation de
ces scénarios catastrophiques a conduit d’éminents transhumanistes tels que
Max More, fondateur et président de l’Institut Extropy, à s’éloigner de la
doctrine néolibérale et à adhérer aux politiques prophylactiques d’un
gouvernement. Demander aux firmes de nanotechnologie de prendre des
assurances contre la destruction accidentelle de la biosphère n’est pas
vraiment pratique. Quelle police d’assurance couvre la destruction
accidentelle de la biosphère? Comment les éléments externes du bioterrorisme
pourraient-ils être pris en compte dans la comptabilité d’une entreprise de
thérapie génique? Seuls les gouvernements sont dans une position de créer
les niveaux nécessaires de prophylaxie, et la plupart des transhumanistes
peuvent convenir de ce point.
Deuxièmement, seules des politiques gouvernementales
crédibles et efficaces pour empêcher les conséquences des nouvelles
technologies rassureront les publics réticents qu’elles ne doivent pas être
interdites. En raison de la faiblesse de la démocratie sociale aux
États-Unis, la politique actuelle de la technologie est dominée par une
hystérie ignorante d’un côté et la cupidité de l’autre, les politiciens
nourrissant l’hystérie populiste luddite et les lobbyistes corporatifs
anti-réglementation. Il faut offrir au public un autre choix que celui de la
technologie du libre marché sans entrave par opposition à l’interdit.
Si les transhumanistes ne reconnaissent pas la légitimité du
règlement, et tentent de réaliser et de soutenir une législation
responsable, ils cèdent le champ aux luddites. Ces choix nécessitent des
gouvernements sociaux-démocrates forts, tels que ceux d’Europe, qui peuvent
agir indépendamment des intérêts corporatifs et des extrémistes bruyants.
Nous avons besoin d’un dispositif social-démocrate fort qui ne bloque pas
les technologies d’amélioration humaine pour des raisons luddites, mais qui
garantira aussi que les technologies d’amélioration humaine sont sans danger
et efficaces. Le cas de la cryogénisation montre comment des supercheries
spectaculaires ou des désastres iatrogéniques peuvent faire reculer
complètement l’acceptation de la technologie d’amélioration humaine. Il faut
prouver que les améliorations humaines sont sans danger avant d’être
utilisées, mais elles ne doivent pas être prises en otage en raison des
vagues angoisses luddites.
Troisièmement, les politiques sociales doivent explicitement
répondre aux inquiétudes du public que la biotechnologie exacerbera
l’inégalité sociale. Les transhumanistes néolibéraux ont une réponse
énergique au défi que la biotechnologie sera utilisée à des usages
totalitaires. Dans une société libérale, chaque individu choisira pour
lui-même s’il veut adopter les technologies. Mais quelle est leur réponse à
la menace de la polarisation de classe croissante? Les biotechnologies
permettront aux riches d’avoir des enfants en meilleure santé, plus forts,
plus intelligents et qui vivront plus longtemps. Vaincre la résistance
populaire à la technologie ne demandera pas seulement de rassurer le public
qu’elles sont sans danger et qu’elles ne seront imposées à personne, mais
aussi qu’il y aura un accès universel et équitable à ses avantages grâce au
financement public. En d’autres termes, le choix génétique et l’amélioration
des technologies doivent être inclus dans un programme d’assurance maladie
national.
La nanotechnologie et l’intelligence artificielle
exacerberont aussi l’inégalité en contribuant au chômage structurel grâce à
l’automatisation. Le travail sera de plus en plus inutile au 21ème siècle.
Si les techno-optimistes ne travaillent pas à améliorer le chômage
structurel à travers les développements de l’État-providence, la réforme du
travail, en établissant une semaine de travail et une vie active plus
courtes, un revenu social garanti, alors il est probable que nous verrons le
retour de la vieille école du luddisme, la destruction des machines par les
chômeurs.
Quatrièmement, les pratiques monopolistiques et les lois sur
la propriété intellectuelle trop restrictives peuvent sérieusement retarder
le développement des technologies d’amélioration humaine, et limiter leur
accès. Les applications de la loi sur la propriété intellectuelle qui sont
trop généreuses envers les sociétés peuvent limiter l’accès à l’information
et aux outils d’une façon qui ralentisse l’innovation. En s’engageant avec
la loi et la politique publique, les transhumanistes peuvent protéger le
peuple de l’information biomédicale essentielle au progrès de la science.
Cinquièmement, seul un État démocratique libéral fort peut
garantir que les post-humains ne sont pas persécutés. «Notre futur
post-humain» sera aussi menaçant pour les humains non-améliorés que les
droits des homosexuels ou la libération des femmes l’ont été pour les
patriarches et les homophobes ou les droits des immigrants le sont pour les
xénophobes. Bien que les transhumanistes néolibéraux puissent imaginer
qu’ils seront capables de se protéger s’ils sont bien armés et ont des
réflexes supérieurs, ils seront sévèrement surpassés en nombre. La guerre
civile n’est pas non plus un aboutissement attrayant.
Les transhumanistes doivent plutôt comprendre leur
continuité avec les mouvements de droits civils du passé et travailler à
construire des coalitions avec des minorités sexuelles, culturelles,
raciales et religieuses, pour protéger la démocratie libérale. Nous avons
besoin d’un État démocratique fort qui protège le droit des minorités
avant-gardistes pour innover et expérimenter avec leurs propres corps et
esprits.
Les transhumanistes doivent aussi accepter l’aile
sympathique du mouvement des droits des animaux, puisque, comme pour les
droits des animaux, le transhumanisme est opposé à l’anthropocentrisme. Mais
plutôt que les droits pour toute forme de vie, l’éthique transhumaniste
cherche à établir la solidarité et la citoyenneté pour toute vie
intelligente. Les transhumanistes attendent avec impatience une société dans
laquelle les humains, les post-humains et les non-humains intelligents sont
tous des citoyens de l’État. Les exigences du «Projet grand singes» pour un
prolongement de la protection des droits de la personne aux grands singes
sont en accord avec ceci.
Sixièmement, les transhumanistes néolibéraux sont
inconsistants quand ils discutent du marché libre. L’argument dominant pour
le marché libre de la part des transhumanistes néolibéraux vient de Hayek:
le marché est un phénomène émergeant, naturellement élaboré, sans conseil
conscient, qui attribue mieux les ressources qu‘il ne les planifie. Mais
l’objectif du transhumanisme est précisément de remplacer le naturel avec le
planifié, en remplaçant la chance avec le dessein. La clef du transhumanisme
est la confiance dans la raison, et non dans la nature.
Dans tous les cas, l’affirmation que le marché est
naturellement élaboré alors que les structures et régimes gouvernants sont
des impositions artificielles sur la nature, est de la mauvaise sociologie.
Tous les marchés qui fonctionnent, nécessitent des normes, des règles, des
lois, des corps législatifs, la police, des tribunaux et de la
planification. Tous les régimes démocratiques ont besoin de l’action de
millions d’agents autonomes rassemblant leurs intérêts, s’exprimant en ayant
un comportement volontaire, et créant un système politique émergent. Le
marché n’est pas plus naturel que la démocratie, même si être «naturel»
était une vertu transhumaniste.
Tisser un nouveau transhumanisme
démocratique
Lesbiennes, homosexuels,
bisexuels et transhumanistes
Lors de la conférence Transvision en 2003, Vanessa Foster,
la présidente de la Coalition nationale pour l’action transsexuelle, a pris
la parole lors de l’atelier le Futur du sexe et du genre et a annoncé
qu’elle était une transsexuelle préopératoire. Sa présentation était
construite autour du thème de l’attaque par la bande du village du monstre
Frankenstein incompris. Entre des images de superbes transsexuels et de
passages de films de Frankenstein, Mme Foster a déclaré que les
transsexuels étaient les premiers transhumanistes. Historiquement nous
pouvons débattre de ce point, mais politiquement, ce fut un moment
historique. Le transhumanisme comme mouvement des droits civils à l’avant
garde était arrivé, et les visages stupéfaits mais ouverts du public mâle
largement hétérosexuel, a montré le travail qu’il reste à faire aux
transhumanistes pour atteindre les électeurs disparates qui bâtiront le
transhumanisme démocratique.
Il y a de nombreuses circonscriptions et fils idéologiques
qui ont besoin de s’introduire dans le transhumanisme démocratique. Les
premiers d’entre eux sont les mouvements disparates qui travaillent à
approfondir notre compréhension des droits de l’homme pour y inclure les
droits de contrôler le corps, tels que les transsexuels, les troupes de choc
du transhumanisme. Les militants pour les droits de la reproduction, qui
insistent que les femmes ont subventionné l’accès à la technologie
reproductrice et contraceptive, sont les alliés naturels du transhumanisme
démocratique.
Bien que de nombreux féministes aient été influencés par le
bioluddisme écoféministe et les arguments des luddites de gauche sur les
dangers de la technologie corporatiste, il y a un électorat féministe plus
large qui ne voit aucune contradiction entre les pleins pouvoir des femmes
et l’utilisation de la technologie pour accroître leur contrôle sur leurs
vies. Seul un transhumanisme démocratique, qui embrasse le besoin de règle
de sécurité, peut répondre adéquatement aux inquiétudes légitimes sur les
pavillons dangers, sur la technologie médicale soulevée pour les féministes
par les désastres spectaculaires tels que la thérapie de remplacement
d’hormone.
On trouve dans la cyborgologie de
Donna Haraway un fil idéologique qui s’est accru chez les intellectuels
au cours des vingt dernières années, inspiré par le rejet du bioluddisme
écoféministe par les féministes de gauche. En 1984, Donna Haraway a écrit
Un Manifeste pour les Cyborgs: Science, technologie et féminisme socialiste
dans les années 80 comme une critique de l’écoféminisme, et il a
débarqué comme la détonation retentissante d’une grenade. Haraway a
argumenté que c’est précisément dans la frontière érodée entre les humains
et les machines, dans l’intégration des femmes et des machines en
particulier, que nous pouvons trouver la libération des anciens dualismes
patriarcaux. Haraway conclut, "Je préférerai être une cyborg plutôt qu’une
déesse", et suggère que le cyborg est le métaphore libératoire pour les
femmes. L’essai de Haraway et les écrits ultérieurs ont inspiré la nouvelle
sous-discipline de «cyborgologie» ou «cyberféminisme», faite de critiques de
culture qui utilisent la métaphore du cyborg et les questions
postmodernistes posées par Haraway pour explorer l’interface femme-machine.
Il y a eu jusqu’à présent très peu de pollinisation croisée entre les
cyborgologistes intellectuels de gauche et les transhumanistes, mais la
reconnaissance mutuelle et les liens se développent.
Les homosexuels, les lesbiennes et les bisexuels sont aussi
des alliés naturels du transhumanisme démocratique, puisque le droit de
contrôler son propre corps signifie être capable de le partager avec
d’autres adultes consentants. Les prétendus philosophes de la loi
naturelle, attaquant les droits des homosexuels et le mariage homosexuel,
déploient les mêmes arguments contre l’amélioration humaine, et quand ils
attaquent l’utilisation de la technologie reproductive par les homosexuels
et les lesbiennes, ils fournissent une question de lien naturel. Alors que
la fécondation in vitro permet aux lesbiennes d’avoir des enfants sans avoir
de rapports sexuels avec un homme, le clonage leur permettrait d’avoir un
enfant apparenté à seulement un parent. Les travaux sur la fécondation des
ovules avec l’ADN d’un autre œuf ou le remplacement de l’ADN d’un ovule avec
l’ADN du sperme, permettraient aux deux parents homosexuels d’avoir des
liens génétiques à leurs enfants. Un activiste qui a vu ce lien et qui en a
profité est l’activiste chevronné des droits des homosexuels
Randy Wicker. Wicker a été l’un des premiers militants des droits des
homosexuels à passer à la radio et à la télévision au début des années 60,
et il a été actif dans les droits des homosexuels à New York jusque dans les
années 90. Puis en 1996, quand la réaction brutale internationale a commencé
contre le clonage de la brebis Dolly en Écosse, Wicker a eu une épiphanie.
Il a vu que le droit de cloner était une question fondamentale des droits de
reproduction et des droits des homosexuels parce que "le clonage rend le
monopole historique de l'hétérosexualité sur la reproduction obsolète".
Wicker a commencé le Front uni pour le droit au clonage avec d’autres
militants des droits des homosexuels, puis a cofondé la Fondation pour le
clonage humain, et est devenu un porte-parole national du clonage comme
droit de reproduction.
Wicker lutte contre une bataille pénible et essaye de
combattre l’opposition hystérique, spécialement compte tenu des nombreux
défauts de naissance qui tracassent les clones mammifères. Mais il commence
à progresser à persuader les militants homosexuels tels que
Chandler Burr, auteur d’une Création distincte: la recherche de
l'origine biologique de l'orientation sexuelle qui reconnaît que le
clonage et la technologie reproductive permettront aux couples homosexuels
d’avoir des enfants qui seront liés à l’un ou aux deux de leurs parents, et
par conséquent pose un défi profond à l’hétérosexisme. "Il nous éloigne un
degré de plus de l’idée que les bébés sont produits uniquement par des
hétérosexuels ayant des rapports hétérosexuels".
Un autre énorme électorat pour le transhumanisme
démocratique est les millions de personnes qui sont considérées comme des
criminels par les lois contre la liberté cognitive, par exemple les lois
contre les drogues illicites. Les drogues sont bien sur un problème de santé
publique considérable, mais la guerre contre la drogue ne fait qu’aggraver
le problème, pendant qu’elle détourne les ressources des besoins sociaux
vitaux. Si l’utilisation de drogues rend les gens malades, ils doivent être
soignés par le système de santé, et non par une prison. Mais nos drogues et
autres technologies de contrôle du cerveau ne deviendront que de plus en
plus complexes et les technologies de surveillance et de répression plus
puissantes. Une société qui rejette le droit de consommer de la cannabis
pour modifier notre état d’esprit est une société qui nous privera plus
vraisemblablement du droit aux modificateurs d’intelligence et d’humeur qui
seront bientôt disponibles. Au lieu de permettre aux individus d’utiliser la
neurotechnologie de manière autonome, et d’aider ceux qui ont des problèmes,
la guerre contre la drogue menace de plus en plus d’utiliser la
neurotechnologie comme arme de contrôle. Par exemple, les lignes émergentes
des vaccins contre la drogue ne sont pas simplement développées comme outils
volontaires pour les personnes essayant de se débarrasser de dépendances,
mais comme mesures préventives que les sociétés peuvent demander à leurs
employés de prendre, permettant des analyses de drogue régulières. Une bien
meilleure utilisation des fonds publiques, comme le propose le philosophe
transhumaniste
David Pierce dans l'Impératif hédoniste serait de développer de
meilleures drogues avec moins de risque de santé. Ironiquement, après
l’avertissement des conséquences anti-démocratique de l’intoxication de
masse dans le Meilleur des mondes, Aldous Huxley en est arrivé à la
conclusion contraire vers la fin de sa vie, après une expérience positive
avec la mescaline. Dans les Portes de la perception il écrit "la
seule politique raisonnable est d’ouvrir d'autres, meilleures portes, dans
l’espoir d’inciter les hommes et les femmes à changer leurs vieilles
mauvaises habitudes pour de nouvelles et moins nuisibles. Certaines de ces
autres, meilleures portes seront sociales et technologiques en nature,
d’autres religieuses ou psychologiques, d’autres diététiques,
éducationnelles et athlétiques. Mais le besoin de prendre des vacances
chimiques fréquentes contre la solitude intolérable et les frustrations du
quotidien demeura sans aucun doute. Ce qui est nécessaire, est une nouvelle
drogue qui soulagera et consolera les espèces souffrantes sans faire plus de
mal dans le long terme qu’elle ne fait de bien dans le court terme".
Combattre la guerre contre la drogue met les transhumanistes
démocrates en solidarité non seulement avec les millions de prisonniers
politiques purgeant une peine pour possession et usage de drogue
non-violent, mais aussi avec les nouveaux activistes pour la liberté
cognitive, tels que
Wrye Sententia et son Centre pour la liberté cognitive et l’éthique, qui
dit "nous cherchons à établir, à promouvoir et à protéger le droit de chaque
individu d’utiliser l’éventail complet de son esprit, à engager des
multiples modes de pensées, et à ressentir des états de conscience
alternatifs".
Les cyborgs handicapés et les
scientifiques laïques
Les cyborgs handicapés, utilisant la dernière technologie
d’assistance et leurs yeux fixes sur le progrès médical, sont aussi les
alliés naturels des transhumanistes démocrates qui soutiendraient à la fois
leurs droits à l’intégration sociale et leur libération technologique. Les
personnes handicapées dans les pays industrialisés plus riches, avec leurs
fauteuils roulants, leurs membres prosthétiques, interfaces informatiques
inédites et ordinateurs portables, sont les humains les plus dépendants
technologiquement jamais connus. Certaines personnes handicapées embrassent
consciemment l’image transgressive du cyborg. Le journaliste paraplégique
John Hockenberry a fait remarquer que les personnes handicapées poussent les
frontières de «l'humain» dans un article dans Wired, un magazine
technophile américain.
Les spécifications de l’humanité sont de nouveau de retour à
la case départ, grâce à quelques concepteurs improbables, et les personnes
handicapées ont un sérieux avantage dans cette conversation. Ils ont utilisé
la technologie de manière commune et profonde depuis des années – pour
bouger, pour communiquer, et pour interagir avec le monde. Les personnes
avec des handicaps – qui pendant la plus grande partie de l’histoire humaine
sont morts ou que l’on a laissé mourir – vivent maintenant, grâce à la
technologie médicale, des vies bien remplies. Pendant cela, la définition du
«l’humain» a commencé à s’élargir.
Le symbole le plus frappant de l’activisme transhumaniste
des handicapés est probablement de nos jours Christopher Reeve, l’ancien
acteur de Superman qui est devenu un militant infatigable pour la
recherche biomédicale après un accident d’équitation qui l’a rendu
quadraplégique. Reeve a été particulièrement important dans la défense de
l’utilisation d’embryons clones dans la recherche des cellules souches.
Les activistes aux handicaps très sévères ont été aliénés de
la technologie d’amélioration humaine par l’idée que les technologies qui
réduisent le taux d’infirmité tels que le test prénatal, le génie génétique
et même les technologies d’assistance comme les greffes auriculaires, sont
une forme de «génocide eugéniste» insidieux. Mais la plupart des personnes
handicapées ne sont pas luddites. La plupart des personnes handicapées
pensent que nous pouvons permettre aux parents de choisir d’avoir des
enfants non-handicapés et que la technologie peut être utilisée pour vaincre
ou guérir les infirmités, pendant que nous nous battons pour l’égalité pour
les personnes avec des infirmités. Assurément, ces droits incluraient le
droit des adultes de choisir de ne pas être «modifiées» et de choisir de
vivre avec des corps qui ne sont pas «normaux». Le droit de ne pas être
contraints par la société d’adopter un corps «normal» est aussi une exigence
centrale des transhumanistes.
Il y a maintenant aussi une petite explicitement
transhumaniste organisation pour les personnes avec des infirmités,
l’Alliance Ascender. Fondée par Alan Pottinger, le Ascender Manifesto
reconnaît la critique de «l’eugénisme» des mouvements des droits des
handicapés et l’inquiétude que l’amélioration humaine pourrait abandonner
les handicapés. Mais au lieu d’embrasser le luddisme, Pottinger appelle les
handicapés à embrasser le transhumanisme afin de chasser les "limites
politiques, culturelles, biologiques et psychologiques à l’auto réalisation
et à l’accroissement" puisque "chaque être humain a le droit à l’ascension".
L’affirmation de Pottinger que la société a l’obligation
d’assister chaque individu du droit à l’auto perfectionnement, suggère une
autre raison que les handicapés sont des électeurs transhumanistes
démocrates forts, en plus de leur transgression du «l’humain»: ils sont en
général des forts partisans de l’État-providence, et l’un des plus puissants
arguments en sa faveur. Les militants des droits des handicapés font déjà
campagne dans le monde pour une augmentation des fonds des gouvernements
pour la technologie d’assistance, et ils seront des alliés clef dans la
demande des transhumanistes démocrates que chaque personne ayant besoin
d’une greffe cybernétique ou thérapie génique pour corriger une infirmité y
ait droit à travers les subventions publiques. Les coûts des traitements et
des technologies devront baisser et leur sécurité et leur fiabilité
augmenter, mais finalement la demande que les aveugles devraient voir, les
boiteux marcher, et les muets parler fera partie du programme politique
global.
De façon plus générale, les groupes de défense des droits
des patients et les groupes de pression scientifiques partagent un intérêt
large avec le mouvement transhumaniste dans la vision de plus de financement
public de la recherche médicale et la protection de la liberté pour mener la
recherche des interdits des bioluddites. La lutte sur le financement des
Instituts nationales de la santé et les projets de loi pour la
criminalisation, la recherche des cellules souches, ont mobilisé une énorme
coalition pour la défense de la recherche scientifique. La Coalition pour le
progrès de la recherche médicale, le lobby principal pour les cellules
souches, compte des douzaines de groupes de pression puissants de
Washington, y compris des groupes de patients comme l’Association américaine
contre le diabète, et l’Association américaine contre la stérilité, des
organisations de physiciens comme l’Association médicale américaine, et le
Collège américain d’obstétriciens et gynécologues, les universités de
recherche sur l’individu telles que le Système de l’université de la
Californie, les associations d’éducation telles que la Chambre américaine
sur l’éducation, les fondations telles que celle fondée par Christopher
Reeve, et les groupes industriels tels que l’Association de l’industrie
biotechnologique et l’Association nationale de capital de risque. La vaste
alliance des patients, fournisseurs et groupes pédagogiques contre le groupe
de pression droit à la vie et le Parti Républicain est une très bonne
nouvelle pour un transhumanisme démocratique et il faut espérer que cette
tendance continuera pendant que l’administration Bush continue à poursuivre
une politique hostile à la science.
La plupart des scientifiques américains sont laïques,
libertaires civils et penchent vers le Parti Démocrate. Les scientifiques
croient passionnément en la liberté scientifique, sont incrédules aux
attaques néoluddites sur le progrès technologique et se méfient de la base
religieuse fondamentaliste dans le Parti Républicain. Les scientifiques sont
devenus encore plus nerveux sous l’administration Bush car elle a rejeté le
consensus scientifique sur les cellules tiges, le changement climatique, le
programme national de préparation à l’école des enfants démunis et
l‘éducation sexuelle orientée sur l’abstinence.
Quand le Comité en bioéthique du Président des États-Unis a
recommandé l’interdiction du clonage thérapeutique des cellules souches,
tous les scientifiques actifs ont voté contre cette résolution.
L’administration Bush a davantage aliéné la communauté scientifique en
promouvant des scientifiques à des postes au gouvernement uniquement sur la
base de leurs opinions politiques et religieuses. Après le 9/11 les
restrictions de Bush sur les visas pour les scientifiques et étudiants
étrangers ont été condamnées par L’Académie nationale de la science,
l’Académie nationale du génie et l’Institut de la médecine. Ces restrictions
ont récemment coûté à la MIT une subvention pour la recherche de 400,000$
pour étudier l’intelligence artificielle alors qu’ils ont refusé de
permettre à l’Agence de sécurité nationale de se renseigner sur ses
étudiants étrangers de 3ème cycle.
L’anti-intellectualisme de l’administration Bush prête
l’oreille à l’attaque de Spiro Agnew contre les intellectuels comme étant
"des snobs efféminés". Le conseiller politique de Bush, Karl Rove, a raconté
au New Yorker que la définition d’un Démocrate était "quelqu’un avec
un doctorat". Bush a moitié autant de titulaires de doctorats dans son
cabinet qu’en avait Clinton, et il a déplacé le Bureau de la politique
scientifique et technologique hors de la Maison Blanche et a réduit son
personnel. Grâce à ces tendances, un régime penchant à gauche et ayant une
politique pro-science, par exemple, le transhumanisme démocratique aurait
une base naturelle parmi les scientifiques.
Les biopunks
Alors que les néolibéraux glorifient les entrepreneurs et
les innovateurs de haute technologie, ils ont quelquefois des inquiétudes
sur les effets que les monopolistes tels que Microsoft et sur les
interprétations agressives qu’ont les lois sur la propriété intellectuelle
sur l’innovation. En réaction, les néolibéraux monopolistes ont soutenu les
efforts volontaires, tels que le mouvement de source ouverte. Si nous
utilisions tous Linux, un système d’exploitation ouvert gratuit, nous
pourrions forcer Microsoft à améliorer Windows ou au moins c’est comme cela
que le débat fonctionne. L’objectif du mouvement de source ouverte est
d’attaquer les monopolistes par le bas, en construisant une communauté
autour de l’amélioration constante de technologies de l’information plus
robustes et meilleurs marchés. La plupart des néolibéraux est beaucoup plus
réticent vis à vis de la lutte anti-monopole du gouvernement ou de toute
défense du peuple qui déclare que le génome et l’innovation industrielle
sont propriété publique. D’autre part, les techno-progressistes, se
distinguent déjà par leur bonne volonté à utiliser la loi anti-monopole, les
restrictions sur la propriété intellectuelle et les standards régulateurs
pour protéger la concurrence, l’innovation scientifique et l’intérêt
publique.
Par exemple, la journaliste
scientifique
Annalee Newitz a attiré l’attention sur un génie «biopunk» émergent dans
le travail d’artistes et des chercheurs génétiques corporatifs. Les biopunks
sont à la fois convaincus des avantages qui peuvent émerger de la
technologie génétique, et opposés à la folie des brevets sur les génomes
découverts qui permettent le contrôle corporatif des données génétiques qui
devraient être dans le domaine public. Les biopunks protestent à la fois
contre les "bioluddites et les apologistes de l’industrie biotechnologique".
Newitz a trouvé les sensibilités biopunk exprimées dans des groupes tels que
la
Coalition des artistes et formes de vie – un réseau d’artistes qui
glorifient la biotechnologie tout en restant critique de son exploitation
capitaliste et de ses limitations.
Newtiz argumente que les sensibilités biopunk parmi les
scientifiques peuvent être visibles dans l’appel grandissant pour
«l’ouverture des sources» des informations scientifiques, des données de
base sur le génome humain aux journaux scientifiques. Les séquenceurs de
gène travaillant avec l’Initiative du génome humain, ont par exemple déposé
leurs données dans la GenBank accessible au public, et maintenant les
chercheurs en dehors des laboratoires déposent les données de l’expression
génétique dans la base des données publiques du Gene Expression Omnibus.
L’un des efforts biopunk est le Centre d’information sur le
functional magnetic resonance imaging (CIfMRI) établi par le spécialiste du
cerveau
Michael Gazzaniga et d’autres au collège de Dartmouth. Le CNfMRI
rassemble d’énormes fichiers d’échographies du cerveau dans un
superordinateur pour créer un atlas de cerveaux normaux et dysfonctionnels
au travail et au jeu. Lorsque les journaux de science cognitive ont commencé
à exiger que les données utilisées dans les études qu’ils publiaient soient
soumises à l’usage public, les scientifiques du CNIfMRI ont hésité.
Certains chercheurs étaient impliqués dans la recherche
médicale et pharmaceutique privée et d’autres voulaient simplement être les
seuls exploiteurs de leurs données. Mais comme l’ont argumenté Gazzaniga et
le collaborateur
Daniel Rockmore dans Chronicle of Higher Education "le partage
des bases de données accélère le développement des disciplines qui les
utilisent". Les récents progrès en informatique ou l’exploitation de données
rendent possible l’utilisation de bases de données comme principal matériel
de recherche. Les méta-analyses en résultant donnent des idées aux
chercheurs pour de nouvelles expériences, la réduction de la répétition de
l’effort, et permettent aux chercheurs d’autres disciplines de travailler
dans le domaine". La plupart de la recherche sur le cerveau avait en tout
cas reçu des financements publics, ce qui a obligé les chercheurs à partager
leurs données. Dans un effort lié, le Consortium international sur la
cartographie du cerveau a compilé les données des cerveaux de 7000 sujets.
Techno-gaiens et viridiens
J’aime penser (et le plus tôt le mieux!)
à une prairie cybernétique
ou les mammifères et les ordinateurs
vivent ensemble dans une harmonie
mutuellement programmée
comme l’eau pure
touchant le ciel clair.
Richard Brautigan, All Watched Over by Machines of
Loving Grace
Un transhumanisme démocratique a aussi
besoin de présenter ses arguments aux Verts sceptiques et hostiles, que les
nouvelles technologies peuvent être développées sans danger, et déployées de
manière à éviter et réparer les dégâts que nous faisons à l’écosystème et à
la santé humaine. Cet argument s’associe avec l’effort de
l’environnementaliste techno-progressiste, quelquefois appelé
techno-gaianisme, qui a grandi avec le milieu de la «technologie
alternative» et de «l’énergie renouvelable», reflété dans les journaux tels
que le Whole Earth Review.
Walter Truett Anderson est un exemple de philosophe politique
techno-gaien. Dans To Govern Evolution and Evolution Isn't What It Used
to Be, Anderson a proposé que la seule façon pour l’humanité d’empêcher
une catastrophe dans l’écosphère ou dans nos interventions biomédicales
c’est de prendre la responsabilité démocratique pour gérer la nature, à la
fois dans l’écosystème et dans notre génome.
Aujourd’hui la force agissante dans l’évolution est
l’intelligence humaine. Les espèces survivent ou périssent à cause de ce que
les gens leur font ou font à leur environnement. La terre, l’air et le
réseau hydraulique sont massivement modifiés par la race humaine, qui est
devenue, comme un scientifique l’a dit, "une nouvelle force géologique…même
notre futur génétique est entre nos mains, guidé non par les abstractions
darwiniennes mais par la science et la technologie médicale et la politique
publique". "Ceci est le projet d’une époque à venir : de créer un ordre
social et politique – global – proportionné au pouvoir humain dans la
nature. Le projet nécessite un déplacement de la touche à tout
évolutionniste à un gouvernement évolutionniste.
Le techno-gaianisme appliqué à la
gestion de l’écosystème se trouve dans les écrits de «l’écologie de
réconciliation» tels que le Win-Win Ecology de
Michael Rosenzweig. Rosenzweig réduit son approche sur le réaménagement
de l’habitat humain pour une compatibilité de l’écosystème à quelques étapes
simples.
Tout d’abord, abreuvez-vous de l’histoire naturelle des
espèces que vous voulez aider. Étudiez leur cycle de reproduction, leur
alimentation et leurs comportements. Soustraire l’essence de leurs besoins
de ce que vous observez. Puis appliquez-le sans vous inquiéter de savoir si
votre réaménagement du paysage humain ressemblera à une jungle. Cela ne sera
pas le cas, alors n’hésitez pas à être outrageusement créatif.
L’un des penseurs techno-gaien le plus outrageusement
créatifs est l’auteur de science fiction et cyberpunk
Bruce Sterling. En janvier 2000, Sterling est revenu à ses racines
polémiques, un manifeste de 4300 mots pour un nouveau mouvement politique
vert et a rédigé Viridian. Sterling accepte l’urgence du changement
de climat et la diminution des espèces, mais son principal grief sur la
politique contemporaine des Verts est qu’ils sont luddites et austères. Il
appelle à un mouvement de conception ultra-branchée pour créer des outils
écologiques pratiques et attrayants. Bien que Sterling refuse résolument
d’argumenter pour un activisme politique ou un engagement partisan, comme
FM-2030, il expose les grandes lignes d’un troisième chemin entre le
capitalisme et le socialisme qui implique des contrôles sur le capital
transnational, redirigeant les militaires vers la pacification, les
industries durables, l’augmentation du temps de loisirs, des salaires
sociaux garantis, la reforme de l’éducation, la santé publique globale
étendue, et l’égalité des sexes. Le mouvement Viridien a suscité l’intérêt
de centaines de personnes à participer sur ses listes et à recevoir les
missives hebdomadaires de Sterling sur des technologies passionnantes mais
écologiques.
Les nouvelles technologies moléculaires comportent de
sérieux risques environnementaux qui nécessitent une surveillance
régulatrice sérieuse, une forme de surveillance que la plupart des
techno-optimistes néolibéraux sont peu disposés à comprendre. Mais les
technologies promettent aussi de nouveaux avantages écologiques radicaux.
Les récoltes peuvent être génétiquement traitées ce qui nécessite moins de
terre agricole, pesticides et engrais, et qui fournit plus d’éléments
nutritifs essentiels.
Dans Our Molecular Future,
Doug Mulhall expose les grandes lignes d’une vision de la «nanoécologie»
utilisant une convergence de la nanotechnologie, la génétique et
l’intelligence artificielle pour empêcher et réparer la destruction
écologique. Les nouvelles technologies nous permettront d’élaborer des
nouveaux processus industriels qui utilisent moins de ressources et créent
moins de déchets, de réparer les dégâts que nous avons déjà faits à
l’écosystème, et de nous protéger ainsi que l’écosystème des menaces
naturelles telles que les astéroïdes et l’explosion de rayon gamma. Pour
Mulhall, il est de notre responsabilité envers l’écosystème de développer
ces technologies et de les utiliser pour protéger l’écosystème de la
planète.
Les pionniers de la nanotechnologie
Eric Drexler et
Chris Peterson répondent aux possibles application écologiques de la
nanotechnologie dans leur livre Unbounding the Future. Même
Greenpeace semble changer d’avis sur l’utilité de la nanotechnologie. Dans
son rapport de 2003 de la nanotechnologie et de l’intelligence artificielle
intitulé Future technologies, Today’s Choices Greenpeace dit qu’il
n’y a pas besoin d’interdits sur la nanotechnologie ou même des nouvelles
structures régulatoires, et que les "nouvelles technologies…font partie
intégrante de nos solutions pour les problèmes environnementaux, qui
incluent les technologies d’énergie renouvelables telles que l’énergie
solaire, éolienne et des vagues, et les technologies de traitement des
déchets telles que le traitement mécanico-biologique.”
Bien que notre objectif doit être la croissance de la
population plutôt que le contrôle de la population, une société hautement
technologique avec une garantie profonde des droits de l’individu et un État
démocratique fort – en d’autres mots, l’objectif d’un transhumanisme
démocratique – est la meilleure garantie d’un taux de natalité bas. La
science et la technologie ont rendu possible la contraception, et l’emploi
industriel qui encourage les familles plus petites. Les démocraties
libérales fournissent aux femmes l'éducation, des perspectives d'emploi et
un planning familial financé publiquement, la contraception et l’avortement,
ce qui leur donne les moyens et les motivations de contrôler leur fertilité.
Les démocraties libérales riches exigent que leurs enfants soient éduqués
lieu des faires travailler dans les fermes et les usines. Ils investissent
dans la santé publique pou réduire le taux de mortalité infantile. Ils
assurent le bien-être des personnes âgées grâce aux pensions de vieillesse.
Tout ceci sont des mesures qui réduisent les motivations des parents à avoir
des enfants comme investissements de leur avenir.
Et tous les autres…
Dans un certain sens, comme
l’intelligence des machines devient plus sophistiquées et automatise de plus
en plus le travail manuel, de service et intellectuel, nous allons peut être
tous devenir «infirmes», et nous allons peut être avoir à lutter pour nos
droits à la Sécurité Sociale comme droit humain de base. Le 22 mars 1964, le
Comité ad hoc sur la Triple Révolution a envoyé une longue lettre au
Président des États-unis Lyon B. Johnson. La lettre était signée par 34
intellectuels de gauche, dont les leaders des Étudiants pour une société
démocratique, Todd Gitan et Tom Hayden, les leaders du Parti socialiste
américain, Norman Thomas et Michael Harrington, le biologiste Prix Nobel
Linus Pauling, les économistes Robert Heilbronn et Guna Myrdal, le futuriste
Robert Thenard et mon cousin (cinq fois lointain) le sociologiste Everett C.
Hughes.
Les trois révolutions que la lettre
décrivait étaient la révolution dans l’armement qui a nécessité de nouveaux
règlements internationaux pour éviter l’apocalypse, la révolution globale
des droits de l’homme, qui nécessite un engagement à la démocratisation de
chaque pays, commencent par les droits civils pour les Américains d’origine
africaine, et la révolution «cybernationale», la robotisation, qui
nécessiterait l’établissement d’un revenu minimum universel puisqu’il y
aurait bientôt un chômage structurel considérable.
Le lien traditionnel entre les emplois et les revenus est en
train de se casser. L’économie de l’abondance peut maintenir tous les
citoyens dans le confort et la sécurité économique qu’ils s’engagent ou non
dans ce qui est communément considéré comme du travail. La richesse produite
par les machines plutôt que par les hommes est toujours de la richesse. …
(Par conséquent, la société devrait pourvoir) chaque individu et chaque
famille d’un revenu adéquat comme source de droit.
En réponse, une partie de Les Triples Révolutions
dans la revue New York Review of Books en 1965, le sociologiste
Daniel Bell a écarté l’idée qu’il y aurait bientôt un chômage considérable
dû à la robotisation parce qu’il n’impactait que quelques industries. La
preuve d’un tel effet demanderait qu’il y ait une augmentation de la
productivité de toute l’économie en même temps qu’une hausse du chômage.
Projection sur «la reprise économique
sans gain d’emploi» de 2003. Depuis 2001 les États-unis ont perdu 2,7
millions d’emplois. Même il y a eu une reprise de l’économie, ces emplois ne
sont pas revenus. Ils sont tous soit partis vers les pays en voie de
développement soit ils ont été pris par les machines. En conséquence la
reprise économique a vu des gains de productivité spectaculaires. Selon le
Ministère du travail américain, la quantité produite par un employé par
heure de travail a augmenté de presque 2% entre avril et juin 2004.
La reprise sans gain d’emploi a aussi été prévue par
Hans Moravec dans son livre «Robot». Mais il continue à noter qu’il est
peu probable que la société supportera l’inégalité grandissante et la
concentration de la richesse.
Il est peu probable qu’une future majorité du «prolétariat»
fournisseur de service avec plus de temps libre, communications et
démocratie qu’aujourd’hui toléreraient d’être traités avec arrogance par une
dynastie de capitalistes héréditaires non-travaillant. Ils voteraient pour
changer le système. La tendance dans les démocraties sociales a été de
niveler le revenu en relevant les standards des plus pauvres aussi haut que
l’économie peut le supporter. Dans l’ére des robots, ce minimum sera très
haut.
Puis il suggère que le capitalisme prenne fin et que la
société aura besoin de fournir un revenu minimum universel.
L’expansion supplémentaire d’une telle subvention,
permettrait à l’argent des industries robotiques collecté comme impôts sur
les sociétés, d’être rendu à la population générale comme pensions de
retraite. En diminuant graduellement l’age de la retraite, la majorité de la
population pourrait être finalement soutenue. L’argent pourrait être
distribué sous d’autres noms, mais l’appeler une retraite est un symbolisme
qui en dit long. Les pensions de retraite de la Sécurité sociale commencent
à la naissance et subventionneraient une retraite longue et confortable pour
le model original de la race humaine entière.
De la même façon,
Marshall Brain, l’informaticien et entrepreneur qui a fondé le site web
et les collections de livre couronnées de succès, HowStuffWorks, fait
la promotion de son épiphanie Robot Nation, que la moitié de tous les
emplois aux États-unis seront perdus au profit du monde en voie de
développement ou aux robots d’ici 2055.
Brain suggère que tous les Américains reçoivent un revenu
minimum garanti de 25,000$, payé par des fonds généraux soutenus par une
imposition progressiste, les amendes de sociétés et la vente des ressources
publiques. Brain argumente qu’un revenu minimum est nécessaire à la survie
du capitalisme: pas de consommateurs, pas de capitalisme.
Moravec et Brain ont adhéré au mouvement international
croissant d’économistes et de militants qui défend un "revenu minimum
garanti" (RMG). Le RMG est la réponse à la prochaine vague luddite de
démolition de machines par les travailleurs destitués en colère. Les
luddites n’ont aucune confiance que la démocratie peut permettre à tout le
monde de profiter de l’innovation technologique, et les néolibéraux pensent
que nous n’avons pas besoin d’une démocratie puisque nous avons la Bourse.
Mais Brain, Moravec et le mouvement RMG aspirent à prouver que les
démocraties peuvent fournir des avantages économiques universels tout en
faisant progresser l’innovation technologique nécessaire à les payer.
Les services médicaux universels et les systèmes de revenu
minimum sont essentiels alors que nous faisons la transition évolutionnaire,
non seulement pour garantir l’accès égal aux avantages entre les riches et
les pauvres, mais aussi entre les jeunes et les vieux. Comme la population
vieillit rapidement, et la population supportant les avantages des plus âgés
se réduit à la fois démographiquement et à cause du chômage structurel, le
conflit de génération sera inévitable sans programmes qui prévoient des
avantages universels. Soit la population se réduisant de travailleurs en
colère fera la guerre contre les avantages disponibles aux personnes âgées
et à la population au chômage croissante, soit nous augmenterons les
avantages de la sécurité des revenues et l’assurance maladie pour tout le
monde.
Bâtir une majorité
transhumaniste démocratique
Actuellement toutes les personnes se décrivant comme des
transhumanistes sociaux-démocrates dans le monde ne pourraient qu'organiser
une convention dans une salle de classe de taille moyenne. Mais là n'est pas
la question. Il y a une majorité latente d’électeurs pour la justice
sociale, une société humanitaire, le progrès technique et la santé et la
longévité pour tous. Même si aucun politicien n’était élu sur une
plate-forme de droits des singes, les améliorations subventionnées de
l’intelligence et un revenu universel garanti, les objectifs de base du
transhumanisme démocratique sont partagés par la majorité des gens. Le défi
est de trouver des problèmes et des luttes qui démontrent la marginalité des
néolibéraux et des bioluddites.
En 1996 le Centre national de sondage de l’opinion a demandé
à un échantillon prélevé au hasard d’américains s’il était de la
responsabilité du gouvernement de fournir les services médicaux aux malades.
Comme cela a été vrai depuis la première étude sur la question posée dans
les années trente, une majorité, 85% a répondu oui. L’étude a aussi demandé
si le test génétique risquait d’apporter plus de bien ou plus de mal, et les
deux tiers, 68% pensaient qu’il apporterait plus de bien que de mal.
Cherchant les techno-optimistes de gauche avec ces deux
tests, légèrement plus de la moitié des américains, 56% sont des
transhumanistes démocrates. C’est la majorité qui attend de faire entendre
sa voix.
Certaines personnes disent que le test génétique est un
progrès médical merveilleux. D’autres pensent que cela peut entraîner des
problèmes. En fonction de ce que vous savez, pensez-vous que le test
génétique fera plus de bien que de mal ou plus de mal que de bien? Est-ce la
responsabilité du gouvernement de fournir les services médicaux aux malades?
Bien – mal : Oui 56% 27%
Non 12% 5%
Source: General Social Survey 1996, National Opinion
Research Center (N=311)
Un programme transhumaniste
démocratique
Que cela se ramène à une Singularité ou non, les prochaines
décennies bouleverseront notre monde et nos attentes. Des temps radicaux
nécessitent des solutions radicales.
Bâtir le mouvement transhumaniste
Bâtir une Prochaine Gauche globale, axée vers le futur et
radicalement libérale
Radicaliser les droits de la personne
- Défendre les droits de tous les êtres humains opprimés par
leurs corps.
Les transhumanistes démocrates doivent établir un lien de
solidarité avec tous ceux à qui on refuse le droit de contrôler leurs
propres corps et esprit, et ceux qui sont opprimés en raison de leur corps
et de leur esprit. Une post humanité différente sera assurée par l’expansion
des limites de la tolérance et de l’égalité incluant la diversité complète
sexuelle, culturelle et raciale des être humains. On doit s’opposer au
racisme et à la discrimination sous toutes leurs formes. Les handicapés
physiques devraient avoir accès à l’assistance sociale et technologique dont
ils ont besoin pour être des citoyens égaux. Le sexe ne doit pas déterminer
les droits, donc le mariage doit être ouvert aux homosexuels et aux
lesbiennes. Les personnes devraient pouvoir se définir elles-mêmes selon
sexe qu’elles préfèrent, et être autorisées à utiliser la technologie pour
sculpter leur sexe pour être en harmonie avec ces préférences, qu’elles
soient adaptées ou non au système de sexe binaire.
- Soutenir les droits des grands singes, dauphins et
baleines.
- Les transhumanistes démocrates devraient se joindre aux
campagnes pour étendre les droits des grands singes, dauphins et baleines
comme une cale pour ouvrir les droits de toutes les personnes intelligentes,
vaincre le «racisme humain» et établir une «citoyenneté cyberorganique».
- Garantir le droit à toutes les personnes de contrôler
notre propre corps et esprit. Nous ne devons pas seulement radicaliser notre
compréhension des citoyens, titulaires de droits, mais aussi les droits que
nous avons de contrôler nos corps et nos esprits et les structures dont nous
avons besoin pour rendre ces libertés réelles. Le droit de contrôler nos
corps et nos esprits devrait inclure le droit des adultes sains d’esprit de
changer et d’améliorer leurs propres corps et esprits, de posséder notre
propre code génétique, de prendre des drogues douces, de contrôler nos
propres morts et de nous faire congeler. La liberté procréative, un
prolongement du droit de contrôler notre corps et notre vie, devrait inclure
le droit d’utiliser des technologies de choix embryonnaire pour assurer la
meilleure vie possible à nos enfants. Un gouvernement démocratique fort est
nécessaire non seulement pour protéger ces droits mais pour s’assurer que
les technologies subissent des tests de sécurité pour que les consommateurs
comprennent bien leurs risques et leurs avantages. Nous avons aussi besoin
de démocraties sociales fortes pour assurer l’accès à toutes ces options à
tous les citoyens, pas seulement aux riches.
Démocratiser l’innovation technologique
- Soutenir l’éducation scientifique et la recherche fédérale
des technologies d’amélioration.
Les transhumanistes démocrates devraient soutenir le
développement du financement public de l’éducation supérieure, spécialement
l’éducation scientifique et la recherche scientifique. Les étudiants des
écoles secondaires américaines, en particulier, sont malheureusement en
retard par rapport au reste du monde industrialisé, dans leur préparation
pour davantage d’éducation mathématique, scientifique, ingénierie ou
médicale. Par conséquent plus d’étudiants américains obtiennent des diplômes
en «parcs et récréations» qu’en génie électrique. Les priorités du
financement scientifique fédéral de la médecine, de l’intelligence
artificielle et de la nanotechnologie devrait s’assurer que les technologies
d’amélioration sont développées ouvertement dans le secteur public et non
pas seulement dans des laboratoires secrets militaires et privés.
- Soutenir les règles appropriées de la recherche
scientifique et de l’innovation technologique. Les transhumanistes
démocrates devraient défendre et promouvoir l’évaluation indépendante de la
sécurité des technologies d’amélioration humaine, et rejeter les interdits
luddites et les règles basées sur de vagues angoisses éthiques et sociales.
Les agences internationales devraient être autorisées à imposer des règles
globales sur la sécurité des technologies industrielles et médicales. Le
Congrès américain devrait rétablir le Bureau d’évaluation de la technologie,
et la taille et le mandat de l’Agence de protection de l’environnement et de
l’Administration fédérale des drogues devrait être étendu pour rapidement
approuver la sécurité des nouveaux matériaux industriels, des médicaments et
des appareils médicaux.
- Protéger la propriété intellectuel et génétique
individuelle et collective de la folie des brevets.
- Les brevets sur les génomes existants des plantes, animaux
et des humains devraient être déclarés nuls. Les brevets sur les nouvelles
séquences génétiques devraient être protégés, sauf s’ils font partie du
corps d’un citoyen ayant pris conscience de lui-même, auquel cas cette
personne devient co-propriétaire d’une propriété génétique. Les individus
doivent avoir le contrôle de leur propre génome, s’étendant à la vie privée
de leur information génétique.
Défendre et accroître les droits sociaux
- Construire et défendre les systèmes de santé universels
avec des choix.
Tous les citoyens devraient avoir la garantie d’un accès
équitable à un forfait de services de santé, dont l’amélioration des
technologies là où c’est fiscalement possible. Lorsque des technologies
sûres ne peuvent pas être fournies par le biais du système de santé public
pour des raisons politiques ou fiscales, elles devraient être disponible
dans le secteur privé.
- Établir un revenu minimum garanti et augmenter le salaire
social.
Tous les citoyens devraient avoir la garantie d’un salaire
minimum. Le financement public de l’éducation supérieure devrait être
augmenté.
Créer des solutions globales
- Bâtir une fédération démocratique globale.
Il devrait y avoir une gendarmerie globale permanente prête
à intervenir rapidement pour empêcher les guerres et autres désastres. Les
États-Unis devraient se joindre au Tribunal Pénal International. Les Nations
Unies devraient avoir les pleins pouvoirs pour percevoir les impôts sur le
commerce international et réformées pour être directement représentatives de
l’opinion mondiale par des élections directes. Les accords de commerce
mondiaux devraient être associés à des règles efficaces par les masses
globales pour assurer la conformité des accords environnementaux, de
protection du consommateur et de sécurité des travailleurs.
- Assurer l’accès à la technologie pour les pays en voie de
développement.
Les Agences dans le monde développé devraient étendre la
recherche aux technologies appropriées aux besoins du monde en voie de
développement, et soutenir les programmes de transfert de technologie aux
pays en voie de développement. Les institutions internationales telles que
l’OMS, la FAO, l’UNCTAD, le PNUD, et l’UNESCO devraient être élargies afin
de soutenir la diffusion technologique dans le monde en voie de
développement.
- Réduire les risques globaux de la civilisation future.
Les transhumanistes démocrates devraient soutenir la
création de corps internationaux capables de contrôler et d’imposer les
accords internationaux empêchant la prolifération de, et demandant la
destruction des armes et autres technologies dangereuses. Les programmes
globaux pour surveiller la santé des écosystèmes et la menace des astéroïdes
devraient être étendus.
Laissons les classes dirigeantes et les
luddites trembler à l’idée d’une révolution transhumaniste démocratique.
Futurs «hommes OGM» et cyborgs! Vous n’avez rien à perdre si ce ne sont vos
corps humains mais des vies plus longues et des cerveaux plus gros à gagner!
Transhumanistes de tous les pays,
unissez-vous!
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